ENSP Arles
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Titre du projet
ENSP Arles

Description
Relocalisation de l’École Nationale Supérieure de la Photographe, ZAC des Ateliers
Concours restreint, projet finaliste


Lieu
ZAC des Ateliers, Arles (France)

Maître d’ouvrage
OPPIC, Opérateur du Patrimoine et des Projets Immobiliers de la Culture

Équipe de maîtrise d’œuvre
Architecte mandataire : Francis Soler
Architecture – Maîtrise d’œuvre jusqu’en 2016 : Scape s.p.a en la personne de son associé Paolo Mezzalama et les équipes de la société
BET structures, fluides, économiste : Parica
Consultant structures : VP & Green engineering
BET HQE : RFR éléments
BET acoustique : Lamoureux
Éclairage : l’Atelier du Soir 
Multimédia/audiovisuel : Ducks Scéno

Mission
ESQ+

Chronologie
2014

Données de conception
Surfaces
5.240 m²

Performance énergétique
Plan climat

Budget
11.000.000€

«Toute la difficulté de cette opération consiste à dessiner, dans le périmètre de la Fondation Luma, un paysage nouveau, construit à partir d’objets, tous, très opposés et dont les essences sont aussi riches et expressives qu’extraverties et décisives»
Arles, comme Rome, Venise ou Séville, est une ville composite, faite de pièces remarquables qui s’épaulent, les unes les autres, s’articulent entre elles par des vides pavés ou par des massifs plantés et qui rassemble le tout sur des lignes de visée à points de vue multiples. La co-visibilité directe, mise en place entre toutes les constructions du site, mais aussi entre le jardin et les constructions, semble figurer la forme la plus appropriée pour laisser, sur le site, quelque chose de nouveau et de rare. 
C’est un jeu en triangle entre la Fondation, l’Ecole et le Rocher avec, au centre de la composition, un jardin de pins parasols qui réassemble le tout. Puis, le jeu s’élargit au boulevard, à la voie ferrée, aux Ateliers et à la Cité. Enfin, suivant qu’on les construit à partir de deux, de trois ou de plusieurs points de vue (car il y en a 6 en tout : vers la Fondation, vers le Rocher, vers l’Ecole, vers le Jardin, vers le boulevard et vers le rail) les surimpressions produites par cet effet bien connu en photo qu’est la double exposition, se confondent dans un modèle urbain fait de superpositions et de dédoublements, plus imaginés que planifiés. Car, il s’agit, là, plus d’une affaire d’impression (au sens impressionniste du terme) que de raisonnement (au sens d’apports successifs de vérités assénées et souveraines).
Les surréalistes ne s’étant pas trompés, en l’utilisant comme un des supports de leur démarche, ils affirmaient que si la photographie était l’art de figer le réel, la double exposition ouvrait, au contraire, la voie à l’expérimentation et à la réalité supérieure de toutes ces formes d›associations qui avaient été négligées jusqu’›à eux. C’est donc, en transposant cette technique, ses fondements et ses applications au site, mais aussi au projet, que fut fondée la proposition.
L’Ecole de la photographie d’Arles se présente donc sous la forme de deux constructions, dessinées chacune d’entre elles sur un plan ovale et de tailles légèrement différentes. Elles forment, à elles-deux, un seul bâtiment qui se pose sur le sol de la parcelle, s’adosse aux voies ferrées et s’ouvrent en ouest sur un jardin d’arbres de haute tige. Bien que séparées constructivement l’une de l’autre, les deux figures ovales sont reliées entre elles, à chaque étage, par des passerelles dont l’épaisseur varie suivant l’exposition au soleil sous laquelle elles ont été placées et l’usage précis auquel elles restent attachées. 
Cet instrument, léger, filant et fluide, sert successivement, pour les élèves, de prolongement extérieur naturel des espaces d’enseignement et d’activités (ensemble du bâtiment), pour l’entretien, de coursive de maintenance (ensemble du bâtiment), pour l’ensemble des publics, de circulation d’accès à l’École (niveau du boulevard) et, pour le confort des intérieurs, d’ombrière pour chacune des façades exposées au soleil, profondeur réglée suivant qu’on considère le nord, l’est, l’ouest ou un sud encaissé. 
L’idée étant de pouvoir produire, sans la moindre nuisance thermique, une construction contemporaine, pas nécessairement opaque, mais de consistance fine avec, comme perspective, de donner à Arles, une oeuvre précieuse et douce, glissée entre la masse du Rocher de Mouleyrès, et celle, encore plus verticale et épaisse, de la Fondation Luma. 
Car, comment sortir autrement que par la lumière (matière première, aussi, de la photographie, est-il utile de le préciser ?) de cette histoire où se croisent l’histoire d’une ville aussi particulière qu’Arles, avec celle de ses projets modernes (et pas des moindres), de ses vestiges (les sarcophages), de ses césures (le rail) et de ses séquences majeures (le boulevard) ? 
Il s’agit seulement d’exercer sur la parcelle, une pression dégagée de toute fausse pertinence qui aurait été prise dans des comparaisons hâtives, pour rendre à Arles ce qu’elle possède de mieux dans sa vision actuelle et prospective de la pratique de la photographie.